Ce week-end dans le Doubs : entre flous artistiques et racines comtoises
9 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Bourgogne-Franche-Comté · Doubs
Le Doubs ce week-end se transforme en une scène où se croisent l’art subtil des flous photographiques, l’énergie brute des chevaux comtois et la patience des artisans fromagers. Une programmation qui invite à ralentir pour mieux saisir ce qui fait la matière du temps — comme le suggère d’ailleurs le titre de l’exposition bisontine qui clôt une résidence artistique. Mais avant de plonger dans ces réflexions, il y a une étape à ne pas sauter : Ornans, où Claude Lacoste expose ses images depuis le 2 septembre.
Quand la photo joue avec le temps
L’exposition de Claude Lacoste à Ornans n’est pas une simple succession de paysages. L’artiste y explore les limites de la technique photographique, superposant des expositions pour créer des effets graphiques qui brouillent les repères. Ces flous volontaires, ces compositions abstraites, donnent à voir une autre réalité, presque onirique. Une façon de rappeler que la photographie, comme le comté affiné en cave, est une affaire de temps et de transformation. Si vous passez par Ornans, prenez le temps de vous arrêter devant ces images : elles demandent qu’on s’y attarde, comme on le ferait devant un vieux mur patiné par les années.
Le comté, une histoire de patience et de terroir
Justement, le temps est au cœur de la visite proposée à la Fruitière de Frasne le 10 septembre. Ici, on ne se contente pas de déguster du comté : on découvre les gestes qui, depuis des siècles, transforment le lait en fromage. La réservation obligatoire rappelle que cette fabrication est un savoir-faire collectif, presque sacré. À quelques kilomètres de là, à Arc-et-Senans, Valérie propose une dégustation des vins du Jura, autre produit où le temps joue un rôle clé. Son approche passionnée et son sourire — mentionnés dans la description — laissent deviner une expérience où l’on apprend autant qu’on savoure.
Le Doubs à cheval, entre tradition et spectacle
Si le comté et le vin sont des héritages à savourer lentement, le cheval comtois, lui, incarne une tradition bien vivante. À Maîche, le week-end sera rythmé par deux événements qui célèbrent cette race emblématique. Le 10 septembre, le spectacle équestre « À contre-pied » promet de mêler chevaux et artistes dans un show où la complicité entre l’homme et l’animal est au centre. Une façon de rappeler que le cheval comtois n’est pas qu’un symbole du passé, mais un partenaire de création. Le lendemain, le concours national de la race comtoise réunira les meilleurs sujets, classés selon des critères précis. Un rendez-vous pour les amateurs de patrimoine vivant, mais aussi pour ceux qui aiment voir comment une tradition s’adapte et se renouvelle.
Entre ateliers créatifs et patrimoine industriel
Pour ceux qui préfèrent mettre la main à la pâte, plusieurs ateliers offrent l’occasion de créer ou d’apprendre. À L’Hôpital-du-Grosbois, les cyanotypes permettent de fixer des fleurs sur papier grâce à une technique photographique ancienne, pour des cartes qui ne faneront jamais. Une belle métaphore de ce week-end : capturer des instants avant qu’ils ne s’effacent. À Besançon, les ateliers Cucina e Piacere proposent une immersion dans la gastronomie italienne, avec une approche 100 % participative. Quatre heures pour apprendre, cuisiner et déguster, le tout dans une ambiance conviviale.
Enfin, pour les amateurs d’histoire industrielle, le Moulin Marandet à Bonnevaux se dévoile le 10 septembre. Ce moulin du XVᵉ siècle, transformé en scierie puis en ferme, abrite encore les traces de ses anciennes fonctions : four, meules et turbines de la scierie. Une visite qui rappelle que le Doubs a aussi été façonné par le travail des hommes et des machines.
Et si on prenait l’air ?
Entre deux visites, le Doubs offre aussi des espaces pour se dépenser ou se ressourcer. Le 2V Park à Orchamps-Vennes est un spot idéal pour s’initier au VTT en pleine forêt, tandis que la boucle Thise-Roche-Chalèze permet de longer le canal du Rhône au Rhin avant de revenir par les hangars de l’aéroclub, témoins d’une autre époque. Pour une plongée dans l’histoire religieuse, l’abbaye de Montbenoît, avec ses 42 stalles en bois sculpté, ou l’abbaye de la Grâce-Dieu, fondée au XIIᵉ siècle, offrent des parenthèses hors du temps.
Notre coup de cœur : le club Rock’n Roll Ads à Pontarlier
Parmi toutes ces propositions, c’est peut-être la journée portes ouvertes du club Rock’n Roll Ads à Pontarlier qui incarne le mieux l’esprit de ce week-end. Le 7 septembre, le club ouvre ses portes pour une reprise des cours de danses de couple : rock’n roll, lindy hop, salsa cubaine, west coast swing ou danses en ligne. L’occasion de découvrir des styles variés, mais aussi de sentir l’énergie d’un groupe qui partage une passion. Dans un département où les traditions sont souvent associées à la lenteur (fromage, vin, chevaux), cette invitation à danser rappelle que le Doubs sait aussi bouger, et avec panache.
Alors, que vous soyez plutôt fromage, cheval, photo ou danse, ce week-end dans le Doubs a de quoi satisfaire les envies de ceux qui cherchent à la fois à se cultiver, à créer et à partager. Et si vous avez un peu de temps devant vous, pourquoi ne pas prolonger l’expérience en explorant l’un des lieux permanents du territoire ? Après tout, le Doubs ne se découvre pas en un week-end.
Pour en savoir plus
- Exposition photos Claude Lacoste
- Journées portes ouvertes - Club Rock'n Roll Ads
- Ce qui demeure ou la matière du temps
- Visite fabrication du comté - La Fruitière de Frasne
- Dégustation de Vins du Jura
- Visite du Moulin Marandet
- Les cours de Cucina e Piacere
- Ateliers creatifs cyanotypes
- Spectacle équestre - Les Comtois en folie
- Concours National du Cheval de Trait comtois
- 2 V PARK
- A ciel ouvert & en boucle : Thise-Roche-Chalèze par le canal du Rhône-Rhin
- Abbaye et cloître de Montbenoit
- Abbaye Notre-Dame de la Grâce-Dieu