Haute-Saône : quand la curiosité prend le pas sur la routine
5 octobre 2026 · La rédaction de Sortir en Bourgogne-Franche-Comté · Haute-Saône
Cette semaine, la Haute-Saône se transforme en terrain de jeu pour l’esprit, où chaque ville semble avoir glissé une surprise entre ses rues et ses monuments. Pas besoin de chercher bien loin : entre les murs des médiathèques, les salles obscures des cinémas et les coulisses des théâtres, il suffit de pousser une porte pour que l’ordinaire cède la place à l’inattendu.
L’émotion, cette petite révolution intérieure
À Ronchamp, la médiathèque propose jusqu’au 30 septembre une exposition qui ne se contente pas d’aligner des panneaux ou des objets. Intitulée « Quelles émotions », elle invite les enfants à toucher, écouter, inventer pour apprivoiser ce qui les traverse au quotidien. Pas de leçon de morale ici, mais une approche où le jeu devient le langage même de l’introspection. Une façon de rappeler que grandir, ce n’est pas seulement accumuler des savoirs, mais aussi apprendre à nommer ce que l’on ressent – et que cela peut se faire sans gravité, avec des rires et des mains qui manipulent.
Le documentaire comme électrochoc
Si un événement cette semaine mérite qu’on s’y attarde, c’est bien la projection-rencontre organisée à Échenoz-la-Méline autour du film Vive les microbes ! de Marie-Monique Robin. La réalisatrice, connue pour ses enquêtes percutantes (Le Monde selon Monsanto, La Fabrique des pandémies), y explore un paradoxe troublant : alors que notre hygiène n’a jamais été aussi poussée, les allergies et l’asthme explosent. 5 % de la population concernée il y a cinquante ans, 30 % aujourd’hui. Les scientifiques pointent du doigt un coupable inattendu : notre éloignement croissant du monde microbien. La séance du 5 octobre, suivie d’un échange, promet d’être bien plus qu’un simple visionnage – une occasion de regarder autrement ce qui nous entoure, des sols que nous foulons aux aliments que nous ingérons.
Pour ceux qui préfèrent les images fixes, le Lab’Sauvage à Passavant-la-Rochère accueille jusqu’au 11 octobre une exposition photo en lien avec la Fête de la Science. Le photographe Yoann Thubin y mêle esthétique et pédagogie, transformant des concepts scientifiques en récits visuels. Une belle illustration de la façon dont l’art peut rendre accessible ce qui, au premier abord, semble réservé aux initiés.
Droit, médias et machineries : des coulisses à explorer
Vesoul et Gray ouvrent leurs portes sur des univers habituellement fermés au public. Le 5 octobre, le Tribunal judiciaire de Vesoul participe à la Nuit du Droit, une initiative nationale qui vise à démystifier la justice. Au programme : des échanges avec des professionnels, des mises en situation, et peut-être cette prise de conscience que le droit n’est pas qu’une affaire de robes noires et de jargon, mais un outil du quotidien, bien plus proche de nos vies qu’on ne l’imagine.
Le lendemain, à Gray, c’est le théâtre à l’italienne qui dévoile ses secrets. La visite du 6 octobre promet de révéler la machinerie et les décors de ce lieu chargé d’histoire. Une plongée dans les dessous de la scène, où chaque mécanisme raconte une époque où le spectacle était aussi une prouesse technique. Pour ceux qui aiment les lieux qui murmurent leur passé, c’est une occasion rare de voir ce qui, d’ordinaire, reste caché.
Des lieux qui résistent au temps
Si ces événements éphémères piquent la curiosité, la Haute-Saône regorge aussi de lieux où l’histoire s’est déposée en couches successives, comme une mémoire à ciel ouvert. L’abbaye de Luxeuil, fondée au VIe siècle par Saint Colomban, en est un parfait exemple. Après avoir traversé les siècles comme lieu de savoir et de spiritualité, elle se réinvente aujourd’hui en espace culturel, prouvant qu’un monument peut changer de peau sans perdre son âme. À quelques kilomètres de là, l’abbaye de Bithaine, cistercienne et plus discrète, offre un cadre apaisant au bord de la Colombine. Moins fréquentée, elle se visite sur rendez-vous, comme une parenthèse hors du temps.
Enfin, pour les amateurs d’atmosphères singulières, le cimetière ancien de Mélecey mérite le détour. Perché sur une butte, il entoure l’emplacement d’une église disparue depuis longtemps. Un lieu où la nature a repris ses droits, où les pierres tombales, usées par les siècles, racontent des vies oubliées. Un endroit qui rappelle que la mémoire, parfois, se niche là où on ne l’attend pas.
Une semaine pour tous les âges
Les plus jeunes ne sont pas en reste, avec deux ateliers qui misent sur l’interaction. À Vesoul, le 6 octobre, un atelier médiation animale propose aux tout-petits (18 mois à 3 ans) de découvrir les animaux par le soin et le jeu. Une façon de créer un lien avec le vivant dès le plus jeune âge, sans écran ni artifices. Le même jour, un atelier « Lire et faire lire » animé par Marie-Claude invite les enfants à se laisser porter par des histoires, dans un cadre chaleureux où la lecture devient un moment de partage.
Quant aux Luxoviens de 65 ans et plus, la Semaine Bleue leur est entièrement dédiée. Du 5 octobre, des activités et visites gratuites leur sont proposées, sur inscription. Une belle initiative pour rappeler que la curiosité n’a pas d’âge, et que le plaisir de découvrir ne s’éteint jamais.
Cette semaine en Haute-Saône, c’est un peu comme si le département avait décidé de soulever le voile sur ce qui fait son quotidien : des émotions à apprivoiser, des savoirs à partager, des histoires à écouter. Et si la meilleure façon de sortir de la routine était simplement d’accepter l’invitation ?
Pour en savoir plus
- Exposition "Quelles émotions"
- Exposition photo au Lab'Sauvage - Fête de la Science - JNA - POAA
- Semaine Bleue
- Atelier lire et faire lire
- Nuit du Droit
- Films Vive les microbes ! et La Fabrique des pandémies
- Projection-rencontre : Vive les microbes ! un film documentaire de Marie-Monique Robin
- Quid : Quelle info demain ?
- Visite du Théâtre à l'Italienne
- Atelier médiation animale
- Abbaye de Bithaine
- Abbaye de Luxeuil (Ancienne Abbaye St Colomban)
- Abbaye Princiere de Lure - sous-préfecture de Lure
- Ancien cimetiere de melecey