Huit sites archéologiques en Saône-et-Loire : du mégalithe discret à la cité gauloise
5 octobre 2026 · La rédaction de Sortir en Bourgogne-Franche-Comté · Saône-et-Loire
La Saône-et-Loire cache sous ses champs et ses forêts des traces tangibles de ceux qui l’ont habitée bien avant nous. Certains sites se laissent deviner au détour d’un chemin, d’autres racontent des siècles d’histoire avec une précision chirurgicale. Voici huit lieux où le passé affleure, classés du plus modeste au plus spectaculaire.
1. Menhir de Vergisson
Deux mètres de pierre dressée au milieu des vignes, presque anodin si on ne sait pas le chercher. Ce menhir des Chancerons ne paie pas de mine, mais sa discrétion même en fait un témoin rare : il marque l’horizon depuis le Néolithique sans avoir bougé, contrairement à tant d’autres. La vue sur la roche de Vergisson, juste en face, donne une idée de ce qui a pu guider son emplacement.
2. Menhir de Broye
Déplacé en 1913 pour border une route, ce menhir de 4,80 mètres a perdu son ancrage d’origine, mais pas son mystère. Son granit fuselé, extrait à 150 mètres de là, pèse 18 tonnes – une prouesse technique pour l’époque. Le fait qu’un agriculteur l’ait exhumé par hasard en dit long sur la façon dont ces pierres ont traversé les siècles : à moitié oubliées, mais jamais vraiment disparues.
3. Les Fours à Plâtre de Berzé-la-Ville
Ici, l’archéologie industrielle prend le relais de la préhistoire. Les neuf fours du XIXe siècle, alignés comme des sentinelles, racontent une autre forme d’exploitation : celle du gypse, transformé en plâtre pour les maisons bourguignonnes. La malterie attenante, reconvertie après l’arrêt des carrières, montre comment un site peut renaître sans effacer ses cicatrices.
4. Carrières de la Lie
Un sentier botanique qui serpente entre pelouses calcaires et mares, et soudain, des sarcophages mérovingiens posés là comme des bancs. Les carrières de la Lie superposent les époques : on y extrait la pierre depuis l’Antiquité, on y fabrique des tuiles à l’époque gallo-romaine, et aujourd’hui, on y croise des orchidées sauvages. La reconstitution d’un four antique donne une idée concrète du travail des carriers.
5. Menhir dit la Pierre-aux-Fées
Avec ses 6 mètres, c’est le plus grand mégalithe du département, mais ce sont ses gravures qui le rendent unique. Une crosse, des écussons, des serpents et une silhouette humaine : autant de symboles énigmatiques, peut-être liés à des rites agraires ou à des repères astronomiques. Sa taille et ses motifs en font un monument à part, bien au-delà d’un simple bloc de pierre.
6. Menhirs d’Epoigny
Sept menhirs alignés, dont le plus haut culmine à 7,35 mètres – un ensemble mégalithique qui impressionne par son ampleur. Les Gaulois y ont vu un lieu sacré dédié à Epogne, déesse des cavaliers, mais ces pierres dressées bien avant eux gardent leur secret. Leur disposition, presque théâtrale, suggère une fonction bien plus complexe qu’un simple marqueur territorial.
7. Vieux Saint-Vincent à Mâcon
Les deux tours et le narthex de l’ancienne cathédrale Saint-Vincent sont les derniers vestiges d’un édifice roman aujourd’hui disparu. Leur tympan, sculpté de scènes rares, témoigne d’un art religieux où chaque détail compte. Fermé pour restauration, le site reste visible de l’extérieur, comme une promesse de redécouverte – et un rappel que l’archéologie est aussi une affaire de patience.
8. Site archéologique de Bibracte
Au sommet du mont Beuvray, sous les hêtres et les chênes, gisent les ruines d’une cité gauloise entière. Bibracte n’était pas un simple village, mais la capitale des Eduens, un peuple assez puissant pour négocier avec Rome. Les remparts, les rues et les objets exhumés composent un puzzle fascinant : celui d’une civilisation qui a façonné la Gaule bien avant les légions de César.