Huit sommets du Doubs où le paysage se mérite (ou pas)

21 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Bourgogne-Franche-Comté · Doubs

Huit sommets du Doubs où le paysage se mérite (ou pas)

Dans le Doubs, les points de vue ne se livrent pas sans une petite négociation avec le relief. Certains exigent une montée en télésiège, d’autres une grimpette entre les sapins, et quelques-uns se contentent d’un parking à flanc de colline. Voici huit belvédères où la récompense dépasse toujours l’effort, classés du plus discret au plus exposé.

1. Crêt Monniot – Arc-sous-Cicon

Ici, pas de téléphérique ni de sentier escarpé : le sommet se gagne par une route sinueuse qui serpente entre les pâturages, comme si le paysage avait décidé de venir à vous. La table d’orientation révèle une vue plongeante sur la vallée de la Loue, avec ses méandres et ses falaises calcaires, tandis que le sentier d’interprétation sur l’eau rappelle que ce coin de Jura est un château d’eau naturel. L’ancienne auberge, aujourd’hui fermée, ajoute une touche de nostalgie – on imagine les skieurs d’autrefois s’y réchauffer après une descente.

2. Les Prés d’Haut – Châtelblanc

Le sommet est modeste (1 274 m), mais l’horizon, lui, est démesuré : par temps clair, le Mont Blanc se détache à l’est, comme une dentelle posée sur l’horizon. L’accès se fait par des sentiers forestiers où l’on croise plus de vaches que de randonneurs, et c’est tant mieux. Le vrai luxe, ici, c’est le silence, seulement troublé par le vent dans les épicéas. Pas de table d’orientation, pas de panneau tape-à-l’œil – juste un cairn et la sensation d’être au bout du monde.

3. Roche Champion – Chapelle-des-Bois

À deux pas de la frontière suisse, ce belvédère (1 290 m) se mérite par une balade en forêt où les hêtres laissent peu à peu place aux résineux. Le panorama s’ouvre brusquement sur les Alpes, avec le lac de Joux en contrebas, comme un miroir oublié dans les montagnes. Contrairement à d’autres sommets du Haut-Doubs, Roche Champion n’a pas l’arrogance des falaises : c’est un promontoire doux, presque intimiste, où l’on peut s’asseoir sur un rocher et regarder les nuages défiler sans se presser.

4. Val de Consolation – Consolation-Maisonnettes

Ici, le sommet n’est pas un pic, mais un cirque rocheux où l’eau a sculpté des falaises vertigineuses. Le sentier serpente entre les cascades et les éboulis, avec des points de vue qui semblent taillés pour les chamois. Ce qui distingue ce lieu, c’est son côté sauvage : on y croise des faucons pèlerins, des lynx (si on a de la chance) et des cincle plongeurs près des ruisseaux. Pas de vue à 360°, mais une immersion dans un écrin de nature où l’altitude se mesure moins en mètres qu’en sensations.

5. Mont Saint Sorlin – Les Pontets

Un sommet sans superlatifs, mais qui a l’élégance de ne pas en avoir besoin. Les sentiers qui y mènent traversent des alpages où paissent des troupeaux en liberté, et la vue porte sur les crêtes du Jura sans jamais tomber dans le spectaculaire facile. C’est un belvédère pour ceux qui préfèrent l’authenticité à l’esbroufe : pas de télésiège, pas de restaurant d’altitude, juste un panorama qui se dévoile après une heure de marche, comme une confidence.

6. Grand Taureau – Pontarlier

À 1 323 m, c’est le toit de Pontarlier, et la table d’orientation y est presque une provocation : en un coup d’œil, on embrasse la ville, les Alpes, et les premiers contreforts du Jura. Le sentier d’interprétation sur le paysage raconte l’histoire géologique du Larmont, mais c’est la vue sur les toits de Pontarlier, avec leurs tuiles rouges et leurs clochers, qui surprend le plus. Un sommet accessible, presque urbain, où l’on peut venir en famille sans renoncer à l’émerveillement.

7. Roche Bernard – Chapelle-des-Bois

La Roche Bernard (1 325 m) est un belvédère qui joue les modestes : pas de falaises vertigineuses, pas de vue à couper le souffle, mais une succession de clairières et de forêts qui mènent à un panorama à la fois vaste et apaisant. Le sentier, bien balisé, traverse des paysages préservés où l’on entend plus souvent le cri d’un milan que la voix d’un autre randonneur. C’est un sommet pour ceux qui aiment les horizons larges, mais sans excès – comme une respiration après une montée en douceur.

8. Mont d’Or – Longevilles-Mont-d’Or

Avec ses 1 463 m, c’est le point culminant de la station de Métabief, et le seul de cette liste où l’on peut arriver en télésiège. Mais le vrai spectacle commence après : le sentier des crêtes, avec ses falaises calcaires et ses à-pics, offre une vue plongeante sur la Suisse et les Alpes, comme si le monde s’était soudainement déployé sous vos pieds. Le contraste entre la station de ski en contrebas et le silence des sommets est saisissant. Ici, pas de demi-mesure : on est soit dans le bruit des remontées mécaniques, soit dans l’immensité d’un paysage qui vous rappelle votre petitesse.

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