L'Yonne en mouvement : entre ombres, lumières et mains créatrices ce week-end

30 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Bourgogne-Franche-Comté · Yonne

L'Yonne en mouvement : entre ombres, lumières et mains créatrices ce week-end

Ce week-end, l’Yonne se transforme en un vaste terrain de jeu où l’art, l’histoire et la nature dialoguent sans se presser. Entre les 200 bougies soufflées par la première photographie de Niépce et les mains des artisans qui façonnent encore la matière aujourd’hui, le département offre une partition où chaque note a sa place — à condition de savoir où poser l’oreille.

Quand l’image prend le relais des mots

Le Val d’Ocre rend hommage à Joseph Nicéphore Niépce avec les Journées photographiques, un événement qui tombe à point nommé : deux siècles après que ce Chalonais d’adoption a fixé la lumière sur une plaque d’étain, la photographie reste ce langage universel qui capte l’éphémère. Le programme précis n’est pas encore dévoilé, mais on peut parier que les expositions et rencontres mettront en lumière des regards contemporains sur ce médium — peut-être même en écho aux Oiseaux d’ici, cette exposition de Jean-Paul Léau à Villefargeau, où les volatiles icaunais deviennent les sujets d’une série photographique pensée comme un herbier visuel. L’occasion de se rappeler que l’Yonne, terre de Niépce, est aussi une terre d’ornithologues et de naturalistes.

Les ateliers ouverts, ou l’art comme conversation

Si un événement mérite qu’on s’y attarde ce week-end, c’est bien le premier week-end des Portes Ouvertes des Ateliers d’Artistes (POAA). Répartis entre Thury, Migé et Charny Orée de Puisaye, ces ateliers révèlent une scène artistique locale bien plus vivante qu’on ne l’imagine. À Thury, Pascale Garcin invite à découvrir ses peintures et éditions, tandis qu’à Migé, Isée Jasnowski et Cécile Willers (à Charny) ouvrent leurs univers respectifs, entre céramique, dessin et peinture. Ce qui frappe, c’est la diversité des pratiques : ici, pas de chapelles, mais des artistes qui travaillent la matière avec une liberté déconcertante. La Poèterie, à Saint-Sauveur-en-Puisaye, prolonge cette dynamique en proposant une immersion dans ses ateliers — un lieu où l’art se vit comme une expérience collective, bien loin des cimaises aseptisées des galeries.

Pourquoi ce coup de cœur ? Parce que ces portes ouvertes ne sont pas une vitrine, mais une invitation. Une façon de rappeler que l’art, dans l’Yonne, se fabrique souvent en marge des grands circuits, dans des villages où les granges deviennent des ateliers et où les artistes, loin des projecteurs, prennent le temps de dialoguer avec leur public. Un week-end pour découvrir ces lieux où la création se conjugue au présent.

Entre foires et mystères : l’Yonne en mode festif

Les amateurs de métiers d’art ne manqueront pas la 50ème Foire exposition de Toucy, un rendez-vous qui mêle artisanat, restauration et feu d’artifice le samedi soir. Cinquante ans, c’est l’âge de la maturité : la preuve que cette foire, bien ancrée dans le paysage local, sait encore attirer les foules sans sacrifier à l’authenticité. À quelques kilomètres de là, Avallon mise sur un tout autre registre avec son Salon de l’auto, où buvette et gourmandises rappellent que la mécanique, elle aussi, peut rimer avec convivialité.

Pour ceux qui préfèrent les énigmes aux moteurs, Auxerre propose une Visite Flash centrée sur la symbolique funéraire du Portail Saint-Pierre. Une plongée dans les détails architecturaux de la ville, où chaque sculpture raconte une histoire — celle des âmes, des croyances, et de ceux qui ont bâti ces édifices sans savoir qu’ils deviendraient, des siècles plus tard, des livres ouverts pour les visiteurs d’un jour.

Balades et détours : l’art de prendre son temps

Si les événements du week-end sont une bonne raison de sortir, l’Yonne regorge aussi de lieux où l’on peut flâner sans calendrier. Les Balades avec l’Agence de Voyages Minuscules, par exemple, promettent des déambulations poétiques entre Fontenay-près-Vézelay, Pouilly et Soeuvres — des parcours où l’on marche moins pour arriver que pour observer, écouter, et se laisser surprendre par des détails qui échappent souvent aux guides touristiques. Une façon de rappeler que le territoire se découvre aussi à hauteur d’homme, loin des sentiers battus.

Et pour ceux qui voudraient prolonger l’expérience une fois le week-end passé, l’Abbaye de Quincy, à Tanlay, offre un havre de paix où le temps semble suspendu. Fondée en 1133, cette abbaye cistercienne a gardé son authenticité, avec ses bâtiments claustraux et son hostellerie qui accueillent encore les visiteurs en quête de silence et de beauté brute. Un lieu où l’on comprend que l’Yonne, entre ses vallons et ses pierres anciennes, est aussi une terre de ressourcement.

Ce week-end, le département se révèle sous un jour à la fois intime et généreux : entre les mains des artistes, les clichés des photographes et les mystères de son patrimoine, il invite à ralentir, à regarder de plus près, et à se laisser porter par des rencontres qui, souvent, naissent là où on ne les attend pas.

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