La Nièvre en mouvement : entre écrans, sentiers et souvenirs

28 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Bourgogne-Franche-Comté · Nièvre

La Nièvre en mouvement : entre écrans, sentiers et souvenirs

Cette semaine, la Nièvre se révèle sous des jours inattendus, où le cinéma dialogue avec l’histoire, et où les pas des randonneurs croisent ceux des flâneurs urbains. Loin des sentiers battus, le département offre une palette d’expériences qui mêlent l’intime et le collectif, le contemporain et le patrimoine. Voici pourquoi ces quelques jours méritent qu’on y pose ses valises — ou simplement ses chaussures de marche.

Quand le cinéma interroge nos frontières

Le 24 septembre, Nevers devient le théâtre d’une soirée cinématographique aussi exigeante que stimulante, proposée par ACNE. Deux films, deux regards sur des vies en suspens. « Entroncamento », du Portugais Pedro Cabeleira, plonge dans les méandres d’une fuite — celle d’un personnage dont on ne sait presque rien, si ce n’est qu’il est aux prises avec un passé qui refuse de le lâcher. À ses côtés, « Baït », de l’Anglais Mark Jenkin, déploie une esthétique rugueuse pour raconter une histoire de transmission et de résistance dans les Cornouailles. Ce qui frappe dans ces deux propositions, c’est leur manière de filmer l’espace : des gares anonymes aux landes désertes, les lieux deviennent des personnages à part entière, des décors qui en disent long sur ceux qui les traversent. Le débat prévu après la projection promet d’élargir encore ces questions — une occasion rare de confronter ces récits à nos propres errances, géographiques ou intérieures.

Le cinéma revient aussi à Clamecy le 28 septembre avec « L’Aventure rêvée », de Valeska Grisebach, présenté par les Allumeurs des Toiles. Quatre heures (oui, vous avez bien lu) pour suivre les destins croisés de travailleurs frontaliers dans une petite ville bulgare. Un film qui prend son temps, comme une invitation à ralentir, à observer les détails qui font une vie. Et si la durée peut impressionner, elle est aussi le gage d’une immersion totale — une expérience presque physique, comme une randonnée au long cours.

Marcher, échanger, transmettre

Parler de randonnée en Nièvre, c’est souvent évoquer le Morvan et ses sentiers boisés. Pourtant, cette semaine, c’est à Montaron que les pas se font entendre. Le 28 septembre, une balade de 8 km est organisée au départ de la mairie. Pas de parcours spectaculaire ici, mais une promenade qui épouse les contours d’un territoire rural, où les paysages se dévoilent sans fard. L’occasion de découvrir — ou de redécouvrir — que la Nièvre ne se résume pas à ses reliefs les plus connus. Et avec un départ à 14h30, il reste même le temps d’un café en terrasse avant de chausser ses baskets.

À quelques kilomètres de là, Luzy propose le même jour une plongée dans son patrimoine, guidée par un conférencier diplômé. Si les visites guidées peuvent parfois tomber dans le piège de l’anecdote folklorique, celle-ci mise sur une approche rigoureuse, où chaque pierre, chaque rue, raconte une histoire liée à l’économie locale, aux métiers disparus, aux familles qui ont façonné le village. Une manière de rappeler que le patrimoine n’est pas qu’une affaire de vieilles pierres, mais bien le reflet d’une société en constante évolution.

Pour ceux qui préfèrent flâner à leur rythme, Clamecy offre une visite auto-guidée numérique, fruit d’une collaboration entre la Communauté de Communes, la Société Scientifique et Artistique locale et la radio Flotteurs FM. Une façon originale de mêler histoire et modernité, où le smartphone devient un compagnon de route. Et si l’envie vous prend de prolonger l’expérience, le circuit consacré à l’épopée des flotteurs de bois permet aux enfants — et aux adultes — de revivre le grand voyage des bûches parties du Morvan pour rejoindre Paris. Un jeu de piste qui transforme la ville en terrain d’aventures, où chaque étape révèle un pan méconnu de cette histoire fluviale.

Des moments pour soi, des moments pour les autres

La Nièvre, c’est aussi un territoire où l’on prend soin de ses habitants. À Clamecy, l’Espace Social des Vaux d’Yonne organise un séjour pour les séniors du 26 septembre au 3 octobre au Domaine du Grand Luberon. Une initiative qui rappelle que les vacances ne sont pas réservées aux plus jeunes, et que les paysages — ici, ceux des Alpes-de-Haute-Provence — peuvent être un formidable levier de bien-être. Entre randonnées douces et temps de partage, ce séjour est une belle illustration de ce que peut être le tourisme social : accessible, convivial, et loin des clichés du troisième âge.

À Decize, le 28 septembre, l’Association Familiale Decizoise organise une bourse aux vêtements d’automne-hiver. Un événement qui dépasse le simple cadre de la consommation pour devenir un moment de solidarité et d’échanges. On y trouve de tout : des manteaux pour affronter les premiers frimas, des chaussures pour arpenter les chemins boueux, mais aussi des vêtements de sport pour ceux qui veulent garder la forme malgré le froid. Une manière concrète de donner une seconde vie aux objets, tout en créant du lien.

Enfin, impossible de ne pas mentionner la fête foraine de la Saint-Michel, qui investit Cosne-Cours-sur-Loire du 26 septembre au 3 octobre. Place de la Pêcherie, les manèges tournent, les barbes à papa fondent, et les animations cosplay ajoutent une touche de fantaisie à l’ensemble. Une fête populaire, dans le meilleur sens du terme : un moment où l’on vient sans prétention, pour le plaisir simple de partager un instant de légèreté. Et si les forains sont souvent associés à l’enfance, ils savent aussi parler aux adultes, ceux qui gardent en eux cette part de rêve et d’émerveillement.

Un coup de cœur : les archives, ces gardiennes du temps

Parmi toutes ces propositions, une exposition retient particulièrement l’attention : « Archives, météo et climat », présentée aux Archives départementales de la Nièvre à partir du 29 septembre. À travers des relevés pluviométriques, des registres de température, mais aussi des documents plus inattendus, elle raconte comment les hommes ont tenté de comprendre — et de dompter — les caprices du ciel. Ce qui frappe dans ce projet, c’est sa capacité à lier le local et l’universel : ces archives ne parlent pas seulement de la Nièvre, mais bien de notre rapport au monde, de notre manière d’habiter un territoire en constante mutation. Une exposition qui tombe à point nommé, alors que les questions climatiques occupent une place centrale dans nos débats. Et si les archives sont souvent perçues comme poussiéreuses, celles-ci prouvent qu’elles peuvent être un formidable outil de réflexion, bien loin des idées reçues.

Cette semaine en Nièvre, c’est donc une invitation à regarder autrement : à travers l’objectif d’un cinéaste, les pas d’un randonneur, ou les pages jaunies d’un registre. Un programme qui rappelle que la culture, le patrimoine et les rencontres ne sont pas des activités réservées à quelques-uns, mais bien des expériences à vivre, à partager, et à réinventer au gré de ses envies.

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