Neuf parcs du Jura où l’on respire autrement

21 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Bourgogne-Franche-Comté · Jura

Neuf parcs du Jura où l’on respire autrement

Dans le Jura, les parcs ne sont pas de simples pelouses bordées d’arbres. Ils racontent des histoires de terre, de pierre et de patience. Certains ont remplacé des vignobles ravagés, d’autres abritent des collections botaniques rares ou des sculptures qui résistent au temps. Voici neuf lieux où l’on s’arrête pour autre chose qu’un simple coup d’œil.

1. Jardin des Nouvelles – Arbois

Perdu entre Arbois et Mesnay, ce jardin se mérite. On y accède par le GR59, et c’est justement cette discrétion qui le rend précieux. Pas de kiosque ni de statue ici, juste une pente douce où les vivaces côtoient les fruitiers sauvages. Le lieu semble avoir été oublié par le temps, et c’est tant mieux : on y vient pour le silence, pas pour une carte postale.

2. Jardins de l’Association les Amis du jardin et de la collection végétale "Annabelle" – Rainans

Trois jardins sur 6 500 m², et une obsession : les hydrangeas. Le premier, autour de la maison, est un catalogue vivant de 750 variétés. Les deux autres, plus récents, jouent avec les perspectives et les textures. Ce qui frappe, c’est la rigueur du travail – chaque plante est étiquetée, chaque massif pensé pour mettre en valeur une nuance de bleu ou de rose. Un lieu de passionnés, pas de touristes pressés.

3. Jardin de Landon – Dole

Un jardin privé ouvert au public, c’est déjà une rareté. Celui-ci, de style anglais, est une succession de scènes végétales où les rosiers grimpants côtoient des arbres centenaires. Le potager, discret mais soigné, rappelle que ce lieu est d’abord un laboratoire de patience. On y vient pour les détails : une clématite qui s’enroule autour d’un vieux mur, un banc placé juste là où la lumière traverse les feuilles en fin d’après-midi.

4. Jardin des Carmélites – Dole

Un jardin en plein centre-ville, mais qui donne l’impression d’être à des kilomètres de l’agitation. Les religieuses y venaient méditer, et aujourd’hui encore, l’endroit conserve cette atmosphère de recueillement. Les graminées ondulent au vent, les fleurs y poussent sans ordre apparent, comme si la nature avait repris ses droits. Un geste rare dans un environnement urbain, et qui change tout.

5. Jardin des Chevannes – Dole

Aménagé dans les anciens remparts du XVIe siècle, ce jardin est un mélange de force et de douceur. D’un côté, des séquoias et des tulipiers de Virginie, imposants, presque intimidants. De l’autre, un espace plus intime, où les massifs de fleurs s’accrochent aux vieilles pierres. La division en deux parties crée un jeu de contrastes : on passe d’un parc presque solennel à un jardin où l’on a envie de s’asseoir et de ne plus bouger.

6. Parc promenade Picquet-Bergère – Poligny

Un parc de ville, mais pas comme les autres. Ici, la statue du Vigneron, en bronze, domine l’espace. Elle représente Wladimir Gagneur, un député fouriériste du XIXe siècle, et c’est Marguerite Syamour, une sculptrice locale, qui l’a réalisée. Le réalisme du geste – un vigneron au travail, les mains dans la terre – donne une dimension presque humaine à ce lieu. Les tables de pique-nique et l’aire de jeux en font un endroit vivant, mais c’est cette sculpture qui reste en mémoire.

7. Parc des Cordeliers – Salins-les-Bains

Un parc qui respire l’histoire. Le kiosque à musique, la sculpture de Paul Silvestre et le buste de Victor Considerant, philosophe natif de la ville, en font un lieu chargé de symboles. On s’y promène comme dans un livre ouvert : chaque élément raconte un morceau du passé. Les arbres, eux, ont vu défiler les générations, et leur ombre est une invitation à ralentir le pas.

8. Arboretum Pierre et Serge Antier – Lons-le-Saunier

Un arboretum né d’une passion familiale. Pierre Antier, horticulteur, l’a créé, et son fils Serge en a fait don à la ville. Ce qui frappe ici, c’est la diversité des essences, mais aussi la façon dont elles sont présentées. Pas de massifs figés, mais des arbres et des arbustes qui semblent avoir trouvé leur place naturellement. Un lieu où l’on apprend en marchant, sans même s’en rendre compte.

9. Jardin-Parc du Château de Montmirey-la-Ville

Un parc né d’une catastrophe. À la fin du XIXe siècle, le phylloxéra a ravagé les vignobles, et l’architecte paysagiste Brice Michel a transformé ce désastre en opportunité. Le résultat ? Un jardin à la française, avec des allées qui guident le regard vers l’horizon. Le château, en arrière-plan, ajoute une touche de solennité. On y vient pour l’équilibre des formes, mais aussi pour cette histoire de renaissance.

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