Six lieux de mémoire en Côte-d'Or : traces discrètes et symboles tenaces

12 octobre 2026 · La rédaction de Sortir en Bourgogne-Franche-Comté · Côte-d'Or

Six lieux de mémoire en Côte-d'Or : traces discrètes et symboles tenaces

La Côte-d’Or porte les marques de l’Histoire comme une peau cicatrisée : certaines sont visibles de loin, d’autres ne se révèlent qu’à qui prend le temps de chercher. Voici six endroits où le passé ne se contente pas d’être raconté, mais s’incarne dans la pierre, le paysage ou l’absence.

1. Le Square des Maquis – Semur-en-Auxois

Perchée au-dessus de la ville, cette esplanade ne se contente pas d’offrir une vue sur les remparts. Ses six pupitres en métal brut racontent, à travers des cartes et des témoignages, comment la chaume Pertuisot est devenue un repaire pour les résistants. Le lieu évite l’écueil du monument figé : ici, la mémoire est un parcours, avec ses détours et ses silences calculés.

2. La tombe du Général Paulin – Saint-Léger-Triey

Une simple stèle dans le cimetière communal, et pourtant. Paulin, ce général napoléonien devenu maire pendant près d’un demi-siècle, a laissé une trace paradoxale : un homme de guerre qui a œuvré pour la paix des églises. C’est lui qui a obtenu le tableau de l’église, aujourd’hui encore visible. Sa tombe rappelle que les grands destins s’écrivent parfois dans l’ombre des villages.

3. Le Leuzeu – Fleurey-sur-Ouche

Ce domaine a traversé les époques comme un palimpseste : grange monastique, bien national, propriété privée, puis théâtre d’un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale. Les murs du Leuzeu ont vu défiler les chanoines de Vergy, les révolutionnaires et les occupants. Aujourd’hui, c’est ce silence entre les strates qui frappe, comme si l’Histoire s’était retirée pour mieux laisser entendre ses échos.

4. Cimetière militaire de Saulieu

Pas de monument spectaculaire ici, mais des rangées de croix alignées avec une rigueur qui glace. Ce cimetière rassemble les soldats tombés dans la région, loin des grands champs de bataille. L’absence de noms célèbres ou d’architecture mémorielle tape-à-l’œil en fait un lieu d’autant plus poignant : la guerre y est réduite à son essence, celle de vies brisées et de familles endeuillées.

5. Porte Guillaume – Dijon

On la croise souvent sans y prêter attention, entre deux boutiques du centre-ville. Pourtant, cette porte est un raccourci saisissant de l’Histoire dijonnaise : construite sur les vestiges des remparts médiévaux, transformée en arc de triomphe au XVIIIe siècle, elle a vu défiler les ducs de Bourgogne, les révolutionnaires et les touristes pressés. Son charme tient à cette superposition des époques, visible dans les pierres mêmes.

6. Village de Pontailler-sur-Saône

À première vue, rien ne distingue Pontailler des autres bourgs fluviaux. Pourtant, son port de plaisance et ses berges racontent une mémoire plus subtile : celle des échanges, des invasions et des reconstructions. La Saône, l’Ognon et les canaux ont façonné son identité, bien au-delà des guerres. Ici, la mémoire n’est pas dans les monuments, mais dans le paysage lui-même, où chaque méandre évoque un passé de commerce, de contrebande ou de simples traversées.

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