Top 7 des lavoirs à voir en Haute-Saône : de l’ombre des villages aux rives de la Saône
7 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Bourgogne-Franche-Comté · Haute-Saône
En Haute-Saône, les lavoirs ne sont pas de simples vestiges du passé : ils racontent une époque où l’eau était à la fois une ressource et un lieu de vie. Certains se cachent au détour d’un hameau, d’autres s’imposent au cœur des bourgs, mais tous portent la marque d’un savoir-faire architectural et d’une histoire locale. Voici sept d’entre eux, choisis pour ce qu’ils révèlent du territoire, bien au-delà de leur fonction première.
1. Lavoir de Montureux-et-Prantigny
Celui-ci se distingue par ses arcades moulurées, une élégance rare pour un lavoir de village. Conçu en 1831 par Alexandre Ringuelet, architecte dont on retrouve la signature ailleurs en Haute-Saône, il joue avec les ombres et les lumières grâce à ses ouvertures soignées. Les moulures ne sont pas là pour le décor : elles structurent l’espace et guident le regard vers l’eau, comme une invitation à ralentir.
2. Fontaine-lavoir Saint-Jean à Leffond
Ici, pas de colonnes ni de charpente apparente, mais une mise en scène presque théâtrale. Alimenté par une source, l’ensemble évoque une grotte, avec des pierres disposées pour créer une entrée naturelle. L’abreuvoir intégré en fait un lieu hybride, à la fois utilitaire et poétique. On imagine aisément les habitants s’y retrouver, entre le murmure de l’eau et l’ombre des pierres.
3. Lavoir de Brotte-lès-Ray
Construit en 1844 selon les plans de l’architecte Delanne, ce lavoir à arcades a quelque chose de monumental pour un hameau. Les proportions sont généreuses, et la petite fontaine toute proche ajoute une touche de fraîcheur. Les arcades, larges et bien dessinées, protégeaient sans doute les lavandières des intempéries tout en laissant passer la lumière. Un équilibre rare entre robustesse et légèreté.
4. Lavoir de Mont-Saint-Léger
Attribué à Alexandre Ringuelet, ce lavoir-halle se remarque par son abreuvoir accolé à la façade ouverte et son puisoir à ciel ouvert. L’architecte a joué avec les volumes pour créer un espace à la fois fonctionnel et ouvert sur le village. Le puisoir, moins courant, rappelle que ces lieux étaient aussi des points de rencontre, où l’on venait puiser l’eau avant de laver le linge.
5. Fontaine-lavoir de Delain
Ce lavoir-halle du XIXe siècle séduit par sa charpente, visible et travaillée, qui contraste avec les courts piliers soutenant l’édifice. Derrière, le puisoir-oratoire de 1820 ajoute une dimension presque sacrée à l’ensemble. On devine que ce lieu était bien plus qu’un simple lavoir : un point de repère, un lieu de prière, et sans doute un sujet de fierté pour les habitants.
6. Lavoir de Gray (reconstruit)
Ce lavoir a une histoire particulière : menacé de ruine en 1972, il a été démonté pierre par pierre puis reconstruit sur la rive gauche de la Saône, en contrebas du pont de pierre. Daté de 1825, il incarne une forme de résilience. Aujourd’hui, il dialogue avec le fleuve et offre une vue sur le pont, comme pour rappeler que les lavoirs n’étaient pas seulement des lieux de labeur, mais aussi des fenêtres sur le paysage.
7. Circuit des fontaines et lavoirs de Gray et ses alentours
Plutôt qu’un seul lavoir, ce circuit propose une immersion dans le pays chanitois, où l’eau a façonné les villages. Entre Rigny, Dampierre-sur-Salon ou encore Champlitte, chaque lavoir raconte une histoire différente : certains sont discrets, d’autres s’imposent au centre des bourgs. Parcourir ce circuit, c’est comprendre comment ces édifices ont structuré la vie quotidienne, bien au-delà de leur rôle pratique.